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Accueil du site > Présentation > Historique : Les normaliens Médailles Fields (1)

Historique

1950 : Laurent Schwartz

Laurent Schwartz est né le 5 mars 1915 à Paris et décédé le 4 juillet 2002. Il a étudié au lycée Janson de Sailly à Paris. Il est reçu à l’École normale supérieure en 1934. Après son service militaire, de 1937 jusqu’en 1940, il est démobilisé près de Toulouse, où il compte rester pour travailler sur sa thèse. Par chance sa femme Marie-Hélène, également mathématicienne et normalienne de la rue d’Ulm, apprend, par une conversation avec Henri Cartan qui est de passage à Toulouse pour faire passer le concours d’entrée à l’ENS (nous sommes en 1940 !), que Clermont Ferrand, où sont repliés Cartan, Dieudonné, de Possel, Ehresmann et Mandelbrojt, serait bien plus intéressant pour eux. Les Schwartz s’y installent, et rencontrent ainsi les mathématiques à la Bourbaki... Rencontre décisive. Du croisement entre les préoccupations de Schwartz, qui s’intéresse beaucoup à la physique mathématique, et les points de vue abstraits si bien développés par Dieudonné et Weil surgit la théorie des distributions, élaborée en 1944 ; c’est ce qui vaudra à Schwartz la médaille Fields en 1950. Schwartz a eu une grande influence, comme mathématicien, comme membre de Bourbaki, par ses nombreux élèves, comme professeur à l’École polytechnique dont il créa en 1965 le centre de mathématiques, comme intellectuel engagé et enfin par son engagement pour la défense de l’Université.

1954 : Jean-Pierre Serre

Jean-Pierre Serre est né le 15 septembre 1926 à Bages (Pyrénées Orientales). C’est à Nimes qu’il fait ses études secondaires jusqu’en 1944. L’année suivante il est reçu à l’École normale supérieure. Ce n’est qu’en 3ème année d’école qu’il rencontre Cartan, qui ne s’y est installé définitivement qu’à la rentrée 1947. Malgré la préparation de l’agrégation (qu’il prend très au sérieux : le caïman Frenkel lui avait dit que les places au CNRS seraient attribuées en fonction des résultats de l’agrégation - il sera reçu 1er), il prend le temps d’aller suivre les cours de Leray au Collège de France sur la théorie des faisceaux, et le premier séminaire Cartan. En 1948, il s’impose à un congrès Bourbaki sans y avoir vraiment été invité. Au terme de ce congrès, il est admis comme "cobaye", c’est-à-dire stagiaire dans le jargon de Bourbaki. Il devient membre de Bourbaki à part entière peu après. Bénéficiant de l’aide du mathématicien suisse Armand Borel, Serre se met à la théorie des faisceaux et aux suites spectrales inventées par Leray pendant la guerre. Il s’en sert pour écrire sa thèse, soutenue en mai 1951, sur les groupes d’homotopie des sphères. C’est ce travail en particulier qui impressionne le plus le comité Fields et qui lui vaut la médaille en 1954. Mais entretemps - et le comité Fields en tient également compte - Serre, en partie en collaboration avec Cartan, a abordé l’étude des variété analytiques complexes : annulation de certains groupes de cohomologie des variétés de Stein, théorème de dualité, ainsi qu’une conjecture sur une généralisation du théorème de Riemann-Roch en dimension quelconque. C’est en 1955 que Leray lui suggère d’être candidat au Collège de France, où il est élu en 1956 - à l’âge de 30 ans. Il y professera 38 ans avant de prendre sa retraite en 1994. La médaille Fields doit récompenser un travail remarquable - mais elle doit aussi, selon le legs de Fields, encourager le médaillé à poursuivre son travail. Serre, 40 ans après sa médaille, poursuit, avec une énergie et un enthousiasme que bien des thésards pourraient lui envier. Son parcours scientifique est éloquent : ses nombreux articles, depuis plus de 40 ans, portent sur des aspects très différents des mathématiques : géométrie algébrique, théorie des groupes, théorie des nombres... Si Serre a eu directement peu d’élèves, il a eu une influence considérable sur de très nombreux jeunes mathématiciens. Par ses "cours aux carrés", à l’ENS et à l’ENSJF. Et par ses cours au Collège de France, pour les chercheurs plus avancés, qui furent, pendant des lustres, un rendez-vous hebdomadaire important en mathématiques.

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